jeudi 2 janvier 2020

Et si le Brexit était une chance pour l'Europe de la défense ?


"Le Brexit peut devenir une chance pour la construction d’une réelle défense européenne intégrée. Le départ de la Grande-Bretagne brise le lien linguistique avec l’anglais (n’en déplaise à l’Irlande et à Malte). Il met aussi un terme à des exigences tant industrielles que financières qui généraient d’insolubles entraves.

Avec le retrait des forces britanniques, et la volatilité actuelle des États-Unis, l’Europe de la défense doit bénéficier d’une promotion de chaque instant comme seul support à notre crédibilité internationale, tant face aux trublions à nos frontières comme la Russie et la Turquie, qu’à ceux plus lointains comme la Chine.

Je vous propose de soutenir ensemble une approche basée sur la langue et la cohérence des forces.
 

La langue tout d’abord. Il parait difficile que les officiers de nos forces maitrisent parfaitement plus de trois langues, en comptant leur langue maternelle. De même que deux pour les sous-officiers. Cette force se structurerait autour de deux pôles linguistiques, les officiers en parlant les deux langues et les sous-officiers maitrisant la langue de leur pôle.

Les forces maintenant. Quelques exemples de nos dysfonctionnements. La Roumanie ou la Grèce n’ont pas les moyens d’une marine en relation avec celles de leurs voisins potentiellement hostiles, et pourtant s'épuisent en soutenant les leurs. De même, les pays baltes et la Pologne n’ont pas les moyens seuls de posséder des matériels terrestres derniers cris en nombre suffisant et quand ils s’en munissent, un comble, ils les achètent hors Europe. Sans même parler du cas de la France qui brule littéralement ses budgets dans une force nucléaire bancale et de moins en moins opérationnelle. Il faut concentrer nos efforts sur politique globale de développement, d'achat et d'entretien de forces communes et cohérentes, une approche complémentaire à celle des langues.

Voilà donc ce que pourrait être une structuration à venir :
— Un pôle de défense à orientation maritime basé sur les langues latines (le français devenant la langue de référence)
— Un pôle de défense à orientation terrestre construit autour des langues germaniques (l’allemand devenant la langue de référence).

Bien entendu, cela n’exclut en rien l’existence de forces terrestres constituées de Français ou de forces maritimes de Suédois, mais la langue de référence de ces unités demeurera celle du pôle de défense auquel elles sont affectées. 

Les forces aériennes, spatiales et numériques étant plutôt l’affaire d’officiers, leur organisation pourra être vue ultérieurement.

L’objectif de tout cela reste de créer une politique européenne militaire et industrielle, cohérente et crédible, à cout optimum. "

L’homme déposa sur le cuir brun trop patiné de son bureau la note qu’une de ses agents à Strasbourg venait de photographier. Il détourna un instant son regard vers la Tamise. Le soleil tentait par ses faibles rayons hivernaux de briser la vague de froid qui déferlait sur la ville. 

"Il fallait s’y attendre", marmonna-t-il. Puis ses yeux glissèrent jusqu’à la carafe de Old Scottish Friend, à la couleur ambrée si réconfortante. Au même instant, Big Ben sonna neuf heures. Comme pour lui rappeler qu’il lui était interdit d’y gouter si tôt, ordre de la Faculté, pourtant cela lui aurait fait tant de bien. 

Après tout, les cartes avaient été jouées, et plutôt deux fois qu’une, pensa le chef des services secrets britanniques en introduisant la note dans une enveloppe à destination de Downing Street.
      


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